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Catégorie : Société

Renvoyer l’ascenseur aux censeurs des œuvres d’art

Les censeurs s’insurgent : la tortue namuroise doit rentrer sous terre. La récente condamnation, en première instance, de Jan Fabre, pour « des faits de violence, de harcèlement et de comportement sexuel inapproprié » a relancé un débat récurrent : faut-il associer ou dissocier un auteur et son œuvre ? Un artiste jugé coupable – quelle que soit la nature de ses délits – doit-il renoncer à son art, puisque toutes ses œuvres à venir ne peuvent être réalisées que…

Le convoi souterrain des silencieux

Crier, c’est agir. Se taire, c’est aussi agir. Qui crie se fait entendre. Qui se tait se fait ignorer. L’un et l’autre ne peuvent bénéficier de la même publicité.  Forcément, car l’un la recherche ; l’autre n’en a cure. Le principe même de toute manifestation n’est-il pas de se faire voir pour promouvoir telle idée ou telle revendication aux yeux d’un maximum de destinataires ? Et pour ce faire, les médias sont devenus l’assistant par excellence, l’indispensable…

Cordonnier, pas au-delà de la sandale

La langue latine ne désarme pas. Peu à peu minorée, voire marginalisée dans l’enseignement, elle reste en embuscade dans notre quotidien et ressurgit par plus d’un détour. Elle a réussi un récent coup d’éclat avec le mot de l’année 2021 choisi par les internautes du Soir et de la RTBF : ultracrépidarianisme. Apparu dans sa version anglaise – ultracrepidarianism – dès 1819, le mot n’a connu sa graphie française qu’il y a peu, en 2014. L’ultracrépidarianisme…

Pour affiner la traduction française de « fake news »

Depuis quelques années, l’expression « fake news » a proliféré dans l’espace public – en particulier dans les médias – avec la même combativité que l’anglais lui-même et son expansionnisme tentaculaire. Or, son apparition n’est pas toute récente. Selon Jayson Harsin, professeur à l’université américaine de Paris, le terme fake news aurait été utilisé pour la première fois en 1999, lors de l’émission de télévision satirique américaine The Daily Show. D’emblée les francophones qui continuent à parler…

Et si nous « pygmaliions » 2022 ?

Au rayon des mots nouveaux agréés par les dictionnaires, la pandémie a la partie belle : les apocopes corona et réa,  coronapiste, « piste cyclable provisoire née du déconfinement pour favoriser la pratique du vélo en ville », arrivent en tête de liste. Pour contourner les obsessions du moment, oserais-je une autre proposition en vue du recensement de 2023 ? Je suis tenté par un verbe d’inspiration mythologique : « pygmalier ». Dans la mythologie grecque, Pygmalion, sculpteur chypriote descendant d’Athéna…

L’Épicure de rappel

(version intégrale) Après des siècles de cohabitation, le moment est-il venu de placardiser les penseurs anciens ? Et avec eux le grec et le latin qui donnent accès à leur lecture dans le texte même ? L’éducation, qui se veut moderne et numérique, y gagnerait-elle ? Ou, au contraire, se saignerait-elle ipso facto – et à tort – d’une part importante de son humanisme, sinon de son humanité ? Fervent supporter de l’Antiquité grecque, je reste stupéfait de vérifier…

L’Épicure de rappel

(version abrégée) Faut-il placardiser les penseurs anciens et, avec eux, le grec et le latin, accès directs à leur lecture ? Une éducation qui se veut moderne et numérique y gagnerait-elle ? Ou, au contraire, se saignerait-elle ipso facto d’une part notable de son humanisme, sinon de son humanité ? Ces échos intemporels, chaque époque les entend de sa propre oreille. À condition qu’une écoute attentive évite les simplismes. Un exemple type ? Épicure, associé sans nuances à la…

Le nombril, premier péril pour la démocratie

Une enquête récente pose la question : « Bye bye la démocratie ? » Elle débouche sur un constat : la confiance s’est érodée. Pour 60 % des sondés, les politiques ne sont plus à même de changer quoi que ce soit au quotidien. Un répondant sur trois – un sur deux dans la fourchette des 25-34 ans – juge que le pouvoir serait mieux exercé par un seul leader que par un régime parlementaire. Si la démocratie représentative semble en…

La cravate et le bermuda

Fable prête-à-porter Ils ne s’étaient jamais causé,Tant ils préféraient s’ignorer.Que voulez-vous ? Chacun son monde.Faut-il toujours qu’on corresponde,Quand les profils sont différentsEt le profit peu alléchant ?D’un côté la cravate,Somme toute assez plate.De l’autre un bermuda,Au langage assez plat.Ouvrez la garde-robe.Que nul ne se dérobe.Il faut parfois vaincre l’instinctEt libérer le clandestinPour que deux êtres disparatesAu face-à-face s’acclimatent.Le bermuda d’abordSe pose en matador :« Comment, vieille chouette ?Vous battez en retraite ?La mode est plus relax.– Je vous en vois furax.…

Mauvaise fortune appelle bons coeurs

Aux « petits malheurs ordinaires », les deux dernières années en ont ajouté d’autres, plus collectifs, plus spectaculaires et plus traumatisants. Une épidémie, qui, même si sa phase critique est – peut-être – derrière nous, est loin d’avoir cessé ses méfaits. Des inondations catastrophiques pour un grand nombre de nos concitoyens, et dont les effets se propageront à long terme. Si on ne retient que le pire. Et le constat, trop partiel, se limite à notre environnement…